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La Morsure

     Amateurs de vampires, d’amour et de mystères, cette histoire vous est destinée. Immergez-vous avec Elinor dans cette région envahie par la brume où plane la mort et de terribles secrets. Attention, vous pourriez y laisser des plumes…
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Résumé :

     En plein cœur de l’hiver, de la nuit et du brouillard, rôde une créature assassine. Elinor, sa première victime ayant in extremis réchappé à la mort, est bien décidée à la démasquer. La jeune fille a perdu la mémoire depuis le jour de son enlèvement jusqu’à sa sortie du coma. Dans son sommeil, cependant, des bribes de souvenirs s’entremêlent dans de terribles cauchemars, sans compter ses hallucinations éveillées toujours plus sanglantes… Comment séparer le rêve de la réalité ?
     Marhalt, ce nouveau bibliothécaire si énigmatique qui l’attire et la repousse à la fois, semble cacher un secret qu’Elinor a l’intention de découvrir. Un rapport relie-t-il cet homme au monstre tapi dans la brume ? Tout porte à le croire…

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     Réfractaire aux phénomènes paranormaux et à l’existence de toute créature démoniaque, Elinor ne s’attend pas à plonger dans un mystère allant au-delà de ses convictions. Bravant l’inconcevable et les dangers, cette courageuse citadine ne renoncera pas à son but malgré les nombreuses embûches entravant son chemin.
     Drames, rebondissements et énigmes se succèdent, n’épargnant pas l’héroïne.

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Extrait

Le texte qui suit est la propriété de son auteur et ayants droit. © 2024 Ophélie Faline.

 

     Semblant sortir du néant, Elinor reprend doucement conscience. Redresser sa tête est comme soulever une montagne. Une brume compacte paraît avoir élu domicile dans son esprit et ses paupières de plomb refusent de s’ouvrir. Où est-elle donc ? Ses efforts pour raviver sa mémoire restent vains. Aussi confus que ses souvenirs, des bruits imaginaires bourdonnent dans son cerveau en une insaisissable litanie. Si seulement ses yeux pouvaient voir et ses oreilles réellement entendre…


     Elinor frissonne, un mur de pierre recouvert d’humidité lui glace le dos. Ce désagrément est bénin comparé au calvaire provoqué par les fers maintenant ses membres en croix ; le métal, sans aucun doute rouillé, cisaille ses poignets et ses chevilles à l’en faire pleurer, pourtant aucune larme ne perle à ses yeux.


     L’abandon semble avoir pris possession des lieux. A part son pauvre corps entravé, rien ne vit dans cet antre ; c’est une certitude et cela la rassure.


     Combien de jours a duré son évanouissement ? Voilà une question sans réponse ! Mais indéniablement longtemps si elle s’en réfère aux douleurs lui torturant l’estomac.


     Elinor n’avait jusqu’à présent jamais souffert de la faim. Comment l’aurait-elle pu lorsqu’on descend d’une lignée noble ? Sa bouche est sèche jusqu’au fond de la gorge et la poussière flottant dans l’air n’est pas pour arranger les choses. Un verre d’eau, juste un simple verre d’eau, serait à cet instant accueilli comme le plus doux des breuvages.


     Ses muscles se contractent. Une respiration à peine perceptible siffle en brisant le silence. Quelqu’un est tout près et l’observe ! Il s’est glissé sans bruit comme une ombre dans la pièce, puis s’est approché en catimini pour la surprendre. L’inconnu s’avance davantage, Elinor sent son aura malsaine l’envahir. Un souffle chaud court subitement sur sa peau, provoquant en son être une étrange sensation où la volupté s’entremêle d’une étonnante bestialité. Frissonnant jusqu’au plus profond de son âme, la jeune fille emplit ses poumons des remugles viciés flottant dans ces sous-sols avec l’espoir de se détendre. Bien loin de la rasséréner, ces relents de moisissure et de renfermé lui donnent la nausée.


     La captive tressaille ; l’haleine devenue brûlante de son prédateur se rapproche… plus près… encore plus près… Ses lèvres effleurent à présent son cou tendre de demoiselle. Ses entrailles se nouent à ce contact à la fois répugnant et suave, propageant dans son cœur une indicible terreur.


     Au prix d’efforts surhumains, Elinor tente de rassembler ses souvenirs partis à la dérive afin de se raccrocher à quelque chose de concret. Mais comment peut-on parvenir à remettre ses idées en place quand un inconnu, un animal ou un monstre vous frôle à en violer votre intimité ? Un pas de plus et son corps pèsera sur le sien.


     Une main ou une patte, Elinor ne saurait le dire, repousse sa crinière de jais par-dessus son épaule. Elle a toujours aimé sentir ses mèches folles caresser sa peau, mais aujourd’hui cette sensation la répugne.


     Pourvue de la vivacité d’un serpent couplée à la férocité d’un lion, une mâchoire se referme sur son artère et la transperce de part en part. Le mal est mordant, mais aucune plainte n’échappe à Elinor. Son cœur s’emballe davantage. La douleur est certes terrible, mais son affolement l’est bien plus encore. Sa vie semble s’écouler au rythme des battements de sa veine meurtrie, la plongeant dans un gouffre sans fond d’où personne ne peut revenir.


     La bouche à peine entrouverte, l’innocente victime voudrait parvenir à hurler, appeler à l’aide, mais sa gorge inondée de son propre sang lui interdit le moindre son. Son bourreau la serre davantage contre lui, compressant sa cage thoracique. Sa respiration devient difficile.


     Si seulement elle pouvait se défendre, le taper, le griffer, le repousser et le mitrailler de coups de pied, mais ses chevilles tout autant immobilisées que ses mains, Elinor est contrainte de supporter ses souffrances.


     Ses paupières à présent légèrement humides se descellent enfin, permettant à ses prunelles de saphir de plonger dans la pénombre un rien éclairée par la chiche lumière d’un candélabre. Son regard reste fixé sur la grisaille d’une paroi maculée de giclures cramoisies à peine discernables. Une nouvelle vague de liquide encombre sa gorge, et dans un hoquet, la prisonnière s’étouffe, rendant son dernier souffle.

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